![]() Dans la même rubrique
Pour la liberté, l’égalité, la fraternité Dany Cohn Bendit / Barroso en vidéo La réforme des collectivités territoriales La démocratie participative Réforme des collectivités territoriales Démocratie et solidarité Garantir une activité parlementaire respectueuse des droits humains Réponse d’Europe Ecologie à la Conférence permanente des coordinations associatives Questionnaire de l’Observatoire Isérois de la Parité Entretien croisé d’Eva Joly & Raymond AvrillierSur les mêmes thèmes
Sénatoriales : la rumeur Avrillier Communiqué national suite à la législative partielle Réaction d’Anne Parlange aux propos de Fabrice Marchiol durant le débat France Bleu - Dauphiné Déclaration des écologistes pour le 2nd tour de la législative partielle Dimanche 30 mai VOTEZ Anne PARLANGE : une députée écologiste maintenant ! Profession de foi d’Anne Parlange et de Sébastien Teyssier Résultats des élections régionales Anne Parlange / Fabrice Marchiol : le face à face L’Echo Vert N°68 - Mars 2010 Cécile Duflot à Grenoble : "Si Queyranne refuse le dialogue..." Pour une votation citoyenne |
Point de vue
Pour une juste réforme territoriale
par Marie-Odile Novelli, tête de liste en Isère d’Europe Ecologie Rhône-Alpes
Le 28 décembre 2009 / nb de visites 241 Pour une juste réforme territoriale : Quel scénario "gagnant" pour les communes et intercommunalités, pour les départements, pour les régions ? Je viens d’envoyer à André Vallini (député de l’ Isère, membre de la commission ad hoc : "Balladur") , qui nous en avait fait la demande, mes réflexions sur la réforme. Les voici, précédées d’un bref rappel sur la nature du projet en débat. Qu’est ce qu’une réforme "juste" ? C’est d’abord celle qui correspond le mieux aux besoins de la société actuelle. C’est aussi celle qui est vécue comme telles par les citoyens, notamment parce qu’elle correspond aux valeurs républicaines. C’est enfin celle qui garde précieusement le meilleur de l’existant pour le dépasser, sans pratiquer la destruction aveugle. Rappelons d’abord brièvement ce qu’est l’actuel projet de réforme :
Il serait vain de nier la nécessité d’une réforme territoriale.Non pas que les collectivités locales et territoriales soient responsables de l’extraordinaire gabegie financière pointée par l’actuel gouvernement :aujourd’hui, c’est l’ Etat français qui a un déficit budgétaire très important, et ce sont les collectivités qui investissent et "tirent" l’économie et non l’inverse. En effet, l’Etat est responsable d’environ 73% du déficit de la France (80% en 2010) et n’investit qu’à hauteur de 11% environ , alors que les collectivités investissent à hauteur de 90% ). Ce qui est en question, c’est l’inadaptation de nos de nos institutions territoriales empilées depuis deux siècles. Et cet irrationalité a bien un coût, surtout en temps (pour les interlocuteurs de ces collectivités), même si certains gains sont sans doute à attendre en matière de réduction des doublons. Mais nous nous leurrons pas : les gains liés à l’éventuelle réduction du nombre d’ indemnités versées aux élus devenus moins nombreux, sont mineurs, tant il est vrai que les indemnités des conseillers généraux et régionaux sont infiniment moins importantes que celle des parlementaires, et que par ailleurs, si gains il y a, il faudra bien que l’on se décide à les utiliser pour réparer les injustices dont sont victimes les élus locaux : il est en effet temps de les traiter plus dignement, notamment les élus locaux des communes petites et moyennes, quasiment privés d’indemnités aujourd’hui , et de donner aux élus qui perdent ou abandonnent leur mandat des droits comparables à ceux des salariés (droit au chômage et à la reconversion professionnelle notamment). Car tous ces archaïsmes inégalitaires peu démocratiques n’honorent pas la France. Une réforme "juste" est aussi celle qui est vécue comme telles par les citoyens.J’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi le débat public n’a pas porté d’abord sur les finalités, puis sur les objectifs, avant que ne soient livrées à l’opinion les solutions techniques. Cette mauvaise habitude française est un handicap assuré à la réalisation d’un consensus. Pourquoi donc le débat devrait il rester une affaire de spécialistes ? La technicité est opaque pour la majorité des français, mais pas les finalités : sinon il n’y a plus de démocratie possible ! Les finalités d’une réforme :
Dans quelle mesure cette réforme permettra -t elle notamment
Les objectifs d’une réforme :
Dans quelle mesure le projet permet - il :
Ces enjeux là ne devraient pas trouver beaucoup de détracteurs.Ils impliquent que la réforme n’induira pas une régression en matière de représentation des femmes (parité) ni de représentation en terme de diversité (de sociologie, de partis politiques), etc.. permettra une plus grande équité entre les territoires, et la vision d’ensemble de l’intéret géneral dans les territoires. D’ores et déjà le respect de ces enjeux rend caduque la proposition de scrutin majoritaire à un tour (probablement anticonstitutionnelle) pour l’élection des conseillers territoriaux. L’association des femmes élues de l’ isère a clairement et à juste titre pris position contre cet élément contraire à la parité, et, en tant qu’ élue écologiste, je m’inscris contre l’ atteinte à la diversité que constitue l’absence de proportionnelle. Rappelons qu’aujourd’hui, grâce à la loi du 6 mai 2000, les femmes représentent 47,6 % des élus régionaux alors qu’elles ne sont en moyenne, en France que 12 % dans les Conseil généraux, là où la loi n’a pas prévu de dispositions incitatives. (8,6% en Isère). Par ailleurs, il ne faudrait pas que la seule avancée démocratique du projet de loi : l’élection au suffrage universel des Conseillers communautaires (Métropoles et agglomérations) soit remise en question, comme on l’entends ci ou là dans la majorité présidentielle Le respect de ces enjeux rend également problématiques la mise en place exclusive de conseillers territoriaux, représentant une petite partie du territoire régional, lorsqu’il faut prendre en compte tout le territoire régional pour mener des politiques équitables : sur ce plan, la réforme constitue une régression par rapport au mode de scrutin régional. Enfin, je regrette fortement l’absence de véritables propositions concernant les questions péréquation fiscale Une réforme "juste" tire parti du meilleur de l’existant, en le transformant.1. Pas de rigidité dans le recentrage sur les compétences spécifiques : la suppression de la clause de compétence générale ne doit être effective que si les besoins sont bien pris en compte par les autres collectivités : ainsi, le logement accessible à tous, est encore loin d’être une réalité, et dans l’état actuel des choses, le financement du logement social par l’ Etat et les agglomérations ne sera plus assuré dans quelques années. Or, il s’agit d’un droit majeur. Par ailleurs, l’expérience prouve que les acteurs les plus innovants tardent parfois à être reconnus par l’échelon communal, alors qu’ils peuvent avoir l’oreille de la région par exemple (je parle d’expérience) , car nul n’est prophète en son pays ; les formes d’innovations, notamment sociales , résident souvent dans les "marges", entre les politiques strictement balisées, ou à leur carrefour...L’adaptation aux besoins , à la réalité, nécessite généralement souplesse et imagination.. 2. Peut - on tirer un trait sur les départements ou les régions ?
Celui-ci est resté un échelon de proximité (plus que la région) en même temps qu’il a la distance suffisante pour envisager des politiques globales. Il faut donc garder le meilleur de chacun des échelons, et les combiner. Les axes de travail pourraient être ceux- ci (cf document proposé par Gérard Onesta, ex député Européen Verts) : 1. AGGLOMÉRATIONS Intégrer dans les agglomérations les petites communes périphériques déjà, de fait, dans l’aire urbaine notamment économiquement , Fusionner les petites communes rurales sous peuplées. Ne garder qu’un seul niveau d’intercommunalité, (pays ? agglomération ?) qui remplacerait tous les cantons, toutes les formes de communautés, y compris les actuels pays, en n’hésitant pas à passer outre les frontières départementales quand elles sont archaïques au regard du bassin de vie [1]. 2. Fusion des régions et départements : combiner proximité et vision globale,en élisant 2 assemblées le même jours, l’une garante de la proximité (par un mode de scrutin proche de celui des conseillers généraux), l’autre de la vision d’intérêt général global et de la diversité politique (mode de scrutin proche de celui des conseillers régionaux). Chaque chambre aurait le même nombre de conseillers.Le nombre global de Conseillers serait réduit d’un tiers au lieu d’être réduit de moitié par rapport au total antérieur (Conseillers régionaux plus généraux). [2] [Le nombre de régions en France diminuerait et il y aurait fusion des moins grandes ; La 1ere assemblée, que G. Onesta propose d’appeler Conseil régional citoyen, est élue au niveau régional, et au scrutin proportionnel avec prime majoritaire [3]. La 2eme assemblée, dite "territoriale" mettant les besoins spécifiques de chacun d’eux, serait élue le même jour mais par circonscriptions (équivalents "pays", beaucoup plus grands que les actuels cantons.) Le lieu où siégeraient les deux assemblées pourrait être distinct (utile dans les cas de regroupements de régions). Les deux assemblées seraient placées sur un strict pied d’égalité cliquer ONESTA Un scénario "gagnant" pour les communes et intercommunalités, pour les départements, pour les régions, dont il serait regrettable de ne pas débattre !) [1] (1)Cela permettrait, par exemple, d’envisager le rattachement du Nord isere à l’agglomération Lyonnaise [2] (2)Le nombre de Conseillers territoriaux serait donc en réduction par rapport à celui des conseillers généraux , à l’inverse de celui des Conseillers "citoyens" supérieur ou identique à celui des actuels conseillers régionaux. [3] (3)comme actuellement |
|
|
|
||
|
|---|